| SUR L'ART D'AUJOURD'HUI | ||
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La double référence au non art et à l’art dans un même lieu (le musée) brouille le jugement
Extrait de l’introduction de MARIE SALLANTIN au débat tenu l’après-midi dans le cadre de l’exposition NOIR ET BLANC dans le cellier de l’abbaye Saint Germain .
L’art contemporain au fil du temps qui passe, trouve sa silhouette. Aujourd’hui il est dépressif nous dit Catherine Grenier, conservatrice à Beaubourg, dans la revue Télérama du 4 mai 2005, après avoir été autre chose hier. Dix critères revendiqués régulièrement par les artistes la dessine : morbide, destructeur, obscène, régressif, divertissant, cynique, kitsch, provocant, amnésique et éclectique. La question posée dans le cadre de ce débat sur le jugement est, pour moi, celle de sa présence aux côtés de Matisse, Picasso, et aussi aux côtés de Leonard, Titien, Monet et Renoir puisque l’art contemporain s’installe maintenant au Louvre et à Orsay. C’est que les artistes du non-art ne jouent pas dans la même cour que les autres et on fait comme si ! Faire comme si ce mariage forcé du non-art et de l’art allait de soi est lourd de conséquences. Comment, en effet, le public peut-il comprendre? N’est-il pas grand temps d’ouvrir publiquement un débat passionnant (car la destruction est au sein de l’activité créatrice) plutôt que de faire comme si le plus petit coefficient d’art pour le plus grand coefficient de visibilité dans les institutions allait de soi.
Marie SALLANTIN est peintre, présidente de l’association FACE à l’ART
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