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Lila Papoula
par Katherine Drossopoulos

Lila Papoula intitule ses œuvres récentes « Petits Paysages ». Tels les fragments de murs peints, ces paysages apparaissent comme un microcosme mental, des parcelles de mémoire enluminées de teintes fluides, aux figures a peine dessinées par un trace aussi doux qu’un murmure. Est-ce la mémoire secrète d’un mur ? Est ce un souvenir qui conte des parcelles du vécu, ou l’on retrouve parfois la lueur fraîche et lointaine de l’enfance ? Le support des œuvres de Lila Papoula est intimement lie a sa peinture, ces deux éléments essentiels de son expression (peinture et support), véhiculent tout le sens du contenu. Depuis des années, l’artiste recherché le rendu de l’ espace par des effets de matière.
Aujourd’hui, la muralite du support obtenue par des empâtements d’enduit plâtreux, devient le tissu de son espace mental et affectif. Au fil du regard, les figures se suivent en un entretien transformateur. En fait, il s’agit d’un dialogue mentale est generee par la dynamique des associations d’idées. Souvent un stimuli visuel, la plupart du temps accidentel, déclenche une série d’images et d’idées ; ce peut être une tache sur un mur décrépi, une flaque d’eau, une forme ou une figure dessinées, une craquelure, une trace sur la matière préparée du support. L’œuvre se construit par couches, les elements (figures et couleurs) des différentes étapes restent apparents ça et la, et concourent a la formation de la composition définitive. Lila Papoula travaille directement sur son support, sans dessin préparatoire, ni esquisse préalable. La texture mate et tendre de l’enduit plâtreux capte avec immédiateté cette expression spontanée. Celle-ci est exprimée par des moyens diversifies : tel le trait de crayon qui cerne certaines figures et trace parfois des trajectoires mnemo-spatiales, ou la transparence et la fraîcheur des couleurs déploient des souvenirs-modeles a la surface lumineuse de la conscience. La narrativite de cette contingence perceptive et plastique s’exprime aussi par le détournement des matériaux, tel que les limailles, les fils et les grilles métalliques et l’usage de l’enduit. Ces matériaux sont réinvestis du sens particulier qu’ils inspirent a l’artiste. Par leur schématisation deliberee, les figures revêtent pour l’artiste le sens des idéogrammes, elles ont la valeur d’un idiome sémiologique. Ces figures sont les acteurs de ces paysages oniriques, elles deviennent les habitants de ces perspectives d’environnement citadins et ruraux. Présentées telles les fragments d’une fresque, ces perspectives sont empreintes de sensibilité intérieure. Ce dialogue perceptif entre le champ visuel, la mémoire et le vécu de l’artiste est réalise par la peinture, il s’exprime dans les œuvres par la suggestion du mouvement. Un mouvement évolutif représente par des voitures, un bateau ou un train, l fumée, le vol d’un oiseau, des ballons rouges ou des cerfs-volants. Elles sont telles les personnifications de cette volonté de représentation du monde intérieur de l’artiste.

Katherine Drossopoulos

« Athèmes » revue culturelle francophone en Grèce


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