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François Boisrond est né en 1959 à Boulogne-Billancourt. Il a fait ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Il vit et travaille à Paris et est professeur à l’Ecole Supérieure des Beaux-arts de Paris. Au début des années 80, il est l’un des fondateurs de la Figuration Libre, mouvement artistique français marquant un retour à la peinture imprégnée par la bande dessinée, la télévision et la culture dite de masse. Avec un souci d’une simplification des formes dont témoigne l’art de l’affiche, sa peinture illustre un monde clos et paisible où foisonnent les petits détails de la réalité quotidienne. L’atelier, la maison, la rue, sont les images d’une biographie personnelle volontairement converties en purs stéréotypes cités par l’artiste en tant que tels. Après sa période “signalétique”, François Boisrond se lance à la fin des années 80 dans une peinture plus réaliste, recherchant toujours néanmoins un équilibre entre une écriture simple et une représentation naturaliste. Au travers de sujets inédits en peinture (télévision, panneaux-Decaux, expositions d’art contemporain...), ces œuvres donnent à voir ce que tout le monde connaît mais ne regarde pas. François Boisrond croit à la pertinence de la peinture dans l’optique d’un art consolateur, à une réconciliation avec le présent afin de mieux l’appréhender. |
| SELECTION D’EXPOSITIONS PERSONNELLES RECENTES | |
| 1988 | Galerie Pierre Hubert, Genève |
| 1992 | Galerie Beaubourg, Paris |
| 1993 | Fondation Veraneman, Gand - Belgique |
| 1996 | “Petits riens et presque tout”, Fondation Coprim, Paris |
| 1998 | Galerie Beaubourg, Vence |
| 1999 | Galerie Rachlin Lemarié Beaubourg, Paris |
| 2000 | Galerie Le Rire Bleu, Figeac |
| 2002 | Galerie I.D, Genève |
| 2005 | Galerie IUFM Confluence(s), Lyon |
| 2006 | Galerie Hambursin-Boisanté, Montpellier |
| 2007 | Galerie I.D, Genève |
| PRINCIPALES EXPOSITIONS COLLECTIVES RECENTES | |
| 1990 | Figuration Libre, Fondation Veraneman, Gand - Belgique Boisrond, Combas, Di Rosa, Haring, Basquiat - Galerie Beaubourg |
| 1993 | Estampes Contemporaines Françaises, Hanoï - Vietnam |
| 1994 | Art en France, Galleria Communal d’arte Moderno, Bologne Galerie 1991, Lisbonne - Portugal Die Orte der Kunst, Sprengel Museum, Hanovre - Allemagne |
| 1995 | L’éveil artistique et ses enjeux, Fondation Coprim, Paris 45º Nord et Longitude 0, CAPC Bordeaux |
| 1998 | Biennale de Fukuoka, Japon |
| 1999 | Galerie Forsbloom, Helsinki - Finlande |
| 2000 | La Beauté en Avignon Les loisirs de Fabrice Hybert, Galerie Beaubourg de Vence Ce sont les pommes qui ont changé, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris |
| 2002 | Il était une fois...la Figuration Libre, Fondation Coffim, Paris |
| 2003 | Figurations libres, Galerie Le Rire Bleu, Figeac |
| 2006 | MUDAM (Musée d’art moderne) Luxembourg. Exposition “Eldorado”. Réalisation de peintures in situ. |
| 2006 | Musée Martin-Groppius-Bau, Berlin. Exposition “Peintures-Malerei”, dans le cadre de “Art France Berlin”. Réalisation de peintures in situ. |
| 2007 (avril) | Dans le cadre du 30ème anniversaire du Centre Pompidou. Réalisation de peintures in situ sur le thème du nouvel accrochage des collections modernes du Musée. |
| 2007 (octobre) | Exposition des œuvres réalisées in situ lors du montage de l’exposition « Eldorado », MUDAM, Luxembourg |
| Propos de l’artiste | |
Sur les Biennales de Venise Si j'ai fait deux, trois Biennales consécutives - celle de 1999, de 2001 et de 2003, c'était d'abord pour renouveler un peu mes sujets. En 1997 je me suis rendu à la Biennale de Lyon où j’ai pu remarquer que les lieux d'art contemporain offrent des choses excitantes à peindre. Plein d'objets de toutes tailles, plein de situations différentes, plein de matériaux, de couleurs et de textures. C'est assez grisant pour un peintre. II y a des beaux espaces, des lumières variées, et plein de gens en décalage par rapport à ces grands décors pas finis. C'est très appétissant tous ces spectacles, et à fortiori dans la biennale de Venise parce que les lieux sont eux-mêmes magnifiques... II y a du carton, du fer, du plastique, des verrières, des écrans vidéos, des caravanes, des tracteurs, des avions, des bordels d'objets de toutes natures par-dessus et par-dessous les tables. De biennale en biennale, je repérais des figures récurrentes. En 1999, c'était le tas de posters posé par terre que les gens peuvent emporter. En 2001, c'était ce procédé de glace sans tain qui, avec un système électrique, passe de transparente à opaque. Je suis sûr que, dans la prochaine biennale, on verra des ventilateurs qui se mettent en marche pendant 10 minutes pour faire bouger des trucs. Bref, l'art contemporain apporte une grande diversité d'émotions visuelles très concentrées dans le même lieu. Peindre "l'art contemporain", c'est faire une sorte de peinture de genre. Ce n'est pas "le peintre dans son atelier", c'est plutôt "le salon ou la galerie de peinture" comme chez Hubert Robert, Louis Léopold Boilly, Honoré Daumier... Je peins les visiteurs des expositions d'art contemporain comme eux peignaient ceux de la Grande galerie du Louvre. Or l'attitude des visiteurs varie d'une époque à l'autre. Ils sont très indifférents chez Robert, comme si c'était normal que Le Louvre soit en ruine. Chez Boilly, ils sont surpris dans leurs petits manèges d'hommes qui courtisent leurs voisines ou d'enfants turbulents poursuivis par leur nourrice. Chez Daumier, les personnages sont sentencieux ou scandalisés. Ce qui m'étonne encore dans les grandes manifestations d'aujourd'hui, c'est de constater combien les gens sont très conciliants. Personne ne s'indigne, c'est vraiment pas comme dans les salons croqués par Daumier. La polémique sur l'art contemporain semble évaporée a tel point que, si j'étais à leur place, je m'inquiéterais. Moi-même, je ne me sens plus en lutte avec eux, je fais de la peinture comme eux font des installations, et j'ai surtout l'impression qu'on est sur des planètes différentes.
C'est peut-être plus facile de faire de la peinture que de la photo ou du cinéma ou de la vidéo. Parce qu'il n'y a pas que la peinture dont on dit qu'elle est « morte », que « tout à été fait » et que, depuis la mort de Cartier-Bresson, il faut arriver à une « image sans qualité ». Mais en peinture ça fait tellement longtemps qu'on estime que la source est tarie, et qu'elle ne l’est pas, tout au moins à mes yeux, que, finalement, on emmerde de moins en moins Ie peintre qui fait sa peinture. Avant je peignais des écrans de télé à partir de polaroids pour attraper de nouvelles choses à peindre. Et puis, j'ai peut-être été un des premiers à me servir d'un appareil numérique pour faire de la peinture. Il faut dire que je me jette sur les nouveaux outils technologiques comme la faim sur le monde... Bien sûr, on peut dire que c'est une béquille de faire de la peinture en conditionnant mon regard par celui d'une machine. On sait maintenant que la chambre claire - autre machine optique - était utilisée par les peintres du XVlIe siècle. Ca fait dix ans qu'on n'arrête pas de trouver des sources photographiques à des tableaux du XIXe par des peintres qui le cachaient peut-être. Et puis, même si la texture vidéo d'une image surexposée et saturée est très spécifique et plus typée qu'une vue à travers un objectif, j'apprends beaucoup a la regarder et à voir comment les lumières sont interprétées... Mais enfin il faut bien voir qu'a l'arrivée, il faut toujours poser de la peinture sur la toile. Et ça c'est jamais neutre, c'est la où le peintre figuratif fait entendre sa voix.
François Boisrond | |
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