Si l'art, comme l'affirme Silvio Fanti, est "une féerie d'essais en
espérance d'éternité" , peu d'œuvres illustrent autant cette
proposition que la révolution permanente, la subversion métaphysico-esthétique caractérisant a travers ses différentes étapes la création
de Victor Ruzo. D'un noyau invisible, insondable, néant démiurgique,
protéiforme, d'un big-bang de vide et de plénitude surgit un monde
pseudopodique, déroutant, où la transition semble fantasmagorique,
inaccessible, voire démentiellement impossible, entre les
affiches publicitaires et les grandes réalisations émulsives de
cette ère de l'aluminium qui commence en 1970.
"Le tableau tournant était fini, moi aussi..." nous a-t-il dit un
jour, évoquant cette période où après la folle aventure qui avait
dominé 15 ans de sa vie, il dut à la fois dépasser la béance de
lassitude et d'angoisse qui s'était creusée au plus intime de son
être et se lancer dans quelque chose de totalement différent.
Ce qui signifiait, nous confiait-il encore, rompre de toute uregence
avec l'humain, qui lui était devenu insupportable - "alors, je
suis tombé dans la matière, une véritable immersion , un hymne a
la matière dans toute sa pureté, rupture totale avec ce que
j'avais fait, je trouvais une sorte de fluide qui
va vers l'éternité, vers la profondeur des choses..."
Effectivement avec sa peinture ,les œuvres
déroutantes provocantes, il surpasse le surréalisme, un
phénomène spirituel et technique telle, qu'on est
devant ses tableau comme magnétisés . On est
silencieusement heureux d'avoir découvert ce monde
fascinant.
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