A 17 ans, il surprenait le monde par ses affiches hyperréalistes qui lui ont assuré un succès international. Après la guerre, il se singularisait de nouveau, en abandonnant la réussite pour s'aventurer dans une peinture porteuse d'un message, dans l'espoir d'un monde meilleur s'enracinant dans la jeunesse. Il peignit des enfants de toutes les races et on connaît ses succès dans ce domaine. Il considéra toutefois sa tentative comme un échec total, car son message ne passait pas. Mail il y a cette force obscure, cette impulsion irrésistible qui le pousse à larguer les amarres, à partir dans les aventures les plus téméraires, démesurées, souvent à la limite de la compréhension humaine, sans savoir s'il y a un rivage ou une île au terme de la traversée. La réalisation de son "tableau tournant", rêve fou de tout grand créateur qui a connu nombre d'épreuves et de joies, de déserts traversés, d'horizons infinis pour se lancer dans ce qui sera le sommet de son œuvre, l'accomplissement de sa destinée d'homme et d'artiste. Il y a vraiment quelque chose de démesuré, d'impérialement provoquant chez ce diable d'homme qui veut, concrètement, tout montrer, comme Dante ou Shakespeare voulait tout dire. Ruzo n'a pas besoin de théorie et encore moins de prix Nobel. La Suisse et le canton de Vaud peuvent être particulièrement fiers, qu'existe sur les hauteurs de Montreux, dominant le lac Léman, un haut lieu de l'art et de l'humanisme cosmique, s'exprimant à travers une œuvre immense. Ruzo est incontestablement un des plus grands créateurs de l'art contemporain. Il est certain que son œuvre, encore mal connu aujourd'hui, en fera un jour, l'égal de Picasso ou de Dali.
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