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Rencontre avec celle qui écrit avec la lumière, la photographe Iseult Labote
Extrait de ACTIVES, juin 2003, page14 par Fabien Franco Ces tableaux photographiques représentent le monde industriel, les usines, les chantiers ou les entrepôts. Elle a choisi de cadrer ces lieux transitoires et éphémères en gros plan et qui trompe le regard et interroge la perception. On pense à des paysages aquatiques, à des personnages irréels ou à des formes anatomiques ! « J’aime troubler les sens, explique-t-elle, que mes photographies soient énigmatiques permet la liberté d’interprétation. Je travaille aussi beaucoup sur les matières, c’est pourquoi la texture et les couleurs sont très importantes dans mes réalisations .» Ainsi, de simples emballages plastiques peuvent prendre l’apparence d’une matière liquide, l’eau d’un lac par exemple. Ce n’est plus une représentation réaliste, analogique, de lieux et d’objets, anodins dans la vie courante, mais une perception artistique qui les sublime. « Je ne prends qu’un seul cliché par photographie puis je n’en tire que cinq exemplaires, ce qui est peu dans le monde de la photo d’art », précise-t-elle. Née à Genève, Iseult Labote est d’origine greco-suisse. Elle voyage en Europe, en Asie à la recherche de ces territoires en gestation. Par exemple, elle raconte sa mésaventure lors de sa visite du pont en construction qui allait relier le Péloponèse au continent grec : « J’attendais depuis quelques mois l’autorisation de me rendre sur ce chantier gigantesque lorsque enfin les autorités me transmettent leur accord. Une fois sur les lieux, je « visite » le chantier sous une pluie battante, à la recherche d’un cadrage, d’une prise de vue satisfaisante et je termine la journée avec une pellicule vierge ! ». Pour cette artiste passionnée, chaque photographie est pensée et élaborée avec un grand souci de perfection. « Je n’utilise pas de filtre et, je n’interviens pas sur la lumière, je fixe l’image telle qu’elle s’offre à moi ». Ces photos « brutes » dévoilent une beauté qui provoque l’imagination sans exprimer autre chose que la vision de l’Art sur le monde qui nous entoure. Cette vision qui donne à voir dans le détail, l’éclat du réel et ce faisant réhabilite ces endroits abandonnés. |