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Iseult Labote
Regarder autrement, c'est comprendre autrement,
c'est distinguer le sujet de son image, de son sens,
de sa première dénomination.
Fixer les matières, les structures, les surfaces,
abandonnées, oubliées,
et admettre leur abstraction
pour privilégier une reproduction plastique.
Révéler, c'est capter sans en reconstituer l'usage,
le contenu poétique de leur décomposition,
le projet imaginaire de leur interprétation.
Donner l'impression de connaître
sans la nécessité de reconnaître,
et ainsi échapper
à la trop grande réalité de l'évidence.
Sans agencement, sans maquillage,
les photographies d'Iseult Labote
esquissent le portrait fragmenté, répété,
et instantané d'un payasage urbain
en constante mutation.
Apprendre à voir ce que l'habitude, la répétition, la normalité
rendent invisible,
et faire du hasard des rencontres,
des juxtapositions d'éléments étrangers les uns aux autres,
l'occasion d'effacer les notions d'échelles,
les relations mécaniques,
les raisons concrètes de résidus industriels
qui ainsi prelevés et surpris, taisent leurs origines.
Philippe Meyer, février 1999
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